1. Le principe : l’assurance de prêt rembourse la banque, pas les héritiers
Lorsqu’un crédit immobilier est couvert par une assurance emprunteur avec garantie décès, le bénéficiaire de cette garantie n’est ni le conjoint ni les héritiers : c’est directement l’établissement prêteur. En cas de décès couvert, l’assureur verse à la banque le capital restant dû, à hauteur de la quotité assurée, et le prêt est soldé pour cette part.
Le bien immobilier entre alors dans la succession sans la dette correspondante. Les héritiers n’ont pas à avancer les mensualités pendant que le dossier d’assurance est instruit, sauf pour le prêt lui-même à continuer de fonctionner normalement le temps du traitement.
2. Vérifier que le crédit était bien assuré, et pour quelle quotité
La banque impose généralement une assurance emprunteur pour accorder un crédit immobilier, mais le niveau de couverture décès dépend de la quotité choisie à la souscription : elle peut représenter 100 % du prêt sur la tête d’un emprunteur seul, ou être répartie différemment entre co-emprunteurs (souvent 50 %/50 % ou 100 %/100 %).
Le contrat d’assurance et les conditions particulières du prêt, ou à défaut la banque elle-même, permettent de connaître la quotité retenue. C’est ce chiffre qui détermine la part du capital restant dû qui sera effectivement remboursée par l’assureur.
3. Ce que la banque demande pour instruire le dossier
Le sinistre doit être déclaré à l’assureur, et non simplement signalé à la banque. En pratique, la déclaration passe le plus souvent par la banque ou le courtier qui font le lien avec l’assureur, mais c’est bien la compagnie d’assurance qui instruit le dossier.
Les pièces habituellement demandées sont une copie de l’acte de décès, le contrat de prêt et le tableau d’amortissement à jour, un relevé d’identité bancaire de l’établissement prêteur pour le versement, et selon les contrats un certificat médical précisant la cause du décès ou des éléments du questionnaire de santé initial.
- Acte de décès
- Contrat de prêt et tableau d’amortissement
- RIB de la banque prêteuse
- Certificat médical selon le contrat
- Justificatif de qualité d’héritier si demandé
4. Respecter le délai de déclaration prévu au contrat
Le délai pour déclarer le décès à l’assureur est fixé par le contrat d’assurance emprunteur, pas par la loi : il varie d’un contrat à l’autre. Il est donc utile de retrouver rapidement ce document, ou de demander à la banque ou au courtier de vérifier le délai applicable, plutôt que de se fier à un chiffre général.
En cas de doute sur le délai ou sur la marche à suivre, contacter directement l’assureur ou le service dédié de la banque évite qu’un retard ne complique inutilement le dossier.
5. Le cas particulier d’un crédit à deux emprunteurs
Quand le prêt a été souscrit par deux personnes, seule la quotité assurée sur la tête de la personne décédée est prise en charge par l’assurance. Avec une répartition classique de 50 %/50 %, le décès de l’un des co-emprunteurs entraîne le remboursement de la moitié du capital restant dû, et le survivant continue de rembourser l’autre moitié selon l’échéancier initial.
Certains contrats prévoient une quotité de 100 % sur chaque tête, ce qui permet à l’assurance de solder l’intégralité du prêt au premier décès : c’est un point à vérifier précisément dans les conditions particulières plutôt qu’à supposer.
6. Si le crédit n’était pas assuré ou si la garantie ne s’applique pas
Il arrive qu’un crédit immobilier n’ait pas d’assurance décès, notamment pour certains prêts entre particuliers ou anciens contrats, ou que le sinistre relève d’une exclusion prévue au contrat. Dans ce cas, le capital restant dû devient une dette de la succession, comme toute autre dette du défunt.
Les héritiers qui acceptent la succession en héritent alors dans les mêmes conditions que les autres dettes, ce qui peut orienter, selon la situation, vers une vente du bien, une reprise du crédit par un héritier solvable, ou un renoncement à la succession si les dettes dépassent l’actif. Cette décision se prend avec le notaire en charge du dossier, pas seule.
7. Ne pas traiter ce dossier isolément des autres démarches bancaires
Le décès de l’emprunteur déclenche en parallèle d’autres démarches auprès de la même banque : blocage du compte individuel, identification des autres crédits ou engagements en cours, gestion du compte joint le cas échéant. Traiter la déclaration à l’assureur en même temps que ces démarches évite d’avoir à recontacter plusieurs fois les mêmes services.
Après moi permet de suivre dans un même espace les documents transmis à la banque et à l’assureur, et d’identifier les autres organismes à prévenir en parallèle. L’outil aide à organiser le dossier ; il ne remplace pas la banque, l’assureur ou le notaire lorsque la situation nécessite une analyse contractuelle précise.
