1. Le principe : la taxe foncière de l’année du décès reste due
La taxe foncière est établie au nom du propriétaire du bien au 1er janvier de l’année d’imposition, quelle que soit la date à laquelle survient le décès en cours d’année. Si le défunt était propriétaire à cette date, la taxe foncière de l’année entière constitue une dette de la succession, même si le décès a eu lieu quelques semaines ou quelques mois plus tard.
Concrètement, ce n’est pas une charge qui s’arrête au jour du décès et se répartit au prorata : l’année complète reste due, et ce sont les héritiers qui en héritent avec le reste du patrimoine et des dettes de la succession.
2. En cas d’indivision entre plusieurs héritiers
Dès le décès, un bien immobilier détenu seul par le défunt passe automatiquement en indivision entre les héritiers, en attendant le partage de la succession. Chaque indivisaire doit alors payer sa part de la taxe foncière, proportionnelle à sa part dans l’indivision — et non le montant total.
Les indivisaires ne sont pas solidaires de cette dette : l’administration fiscale ne peut pas réclamer l’intégralité de la somme à un seul d’entre eux. Si l’un des héritiers avance malgré tout la totalité, il peut ensuite demander aux autres le remboursement de leur quote-part.
3. Le cas particulier du conjoint survivant usufruitier
Lorsque le défunt laisse un conjoint survivant qui recueille l’usufruit du logement (situation fréquente en présence d’enfants communs), c’est en principe l’usufruitier qui paie la taxe foncière, et non les héritiers nus-propriétaires. Cette répartition entre usufruit et nue-propriété dépend toutefois de l’option retenue lors du règlement de la succession : elle mérite d’être confirmée avec le notaire plutôt que présumée.
4. Pourquoi l’avis d’imposition reste au nom du défunt
Tant que la mutation cadastrale n’a pas été effectuée — c’est-à-dire tant que le changement de propriétaire n’a pas été enregistré auprès du service de la publicité foncière, généralement à l’initiative du notaire en charge de la succession —, l’avis de taxe foncière continue d’être établi au nom de l’ancien propriétaire, représenté collectivement par sa succession.
Ce délai administratif ne dispense pas les héritiers de payer : l’avis reste simplement libellé au nom du défunt jusqu’à ce que le changement soit acté, ce qui peut prendre plusieurs mois selon l’avancement du dossier de succession.
5. Signaler le décès au service des impôts fonciers
Il est utile de prévenir le service des impôts fonciers du décès, pour que le dossier soit mis à jour et que les héritiers concernés puissent être identifiés sur les avis suivants. Cette démarche se fait par courrier au centre des finances publiques dont dépend le bien, ou via la messagerie sécurisée de l’espace particulier sur impots.gouv.fr.
En cas de plusieurs héritiers, l’avis d’imposition est établi au nom de deux ou trois d’entre eux lorsqu’ils sont peu nombreux ; au-delà, il est émis au nom de l’indivisaire ayant la part la plus importante, suivi d’une mention renvoyant aux autres. Vérifier ce point évite les mauvaises surprises si l’avis n’arrive qu’à une seule adresse.
- Acte de décès
- Coordonnées des héritiers ou du notaire en charge du dossier
- Référence de l’avis de taxe foncière concerné
- Justificatif de qualité d’héritier si demandé
6. Si le bien est vendu avant la fin du règlement de la succession
La taxe foncière reste normalement due par le propriétaire au 1er janvier de l’année d’imposition, y compris pour une vente intervenue en cours d’année. Il est cependant fréquent que l’acte de vente prévoie un partage au prorata entre vendeur et acquéreur à la date de la signature — ce n’est pas une obligation légale mais une pratique courante, à vérifier précisément avec le notaire qui rédige l’acte.
7. Ne pas traiter ce point isolément du reste de la succession
La taxe foncière n’est qu’une dette parmi d’autres à identifier dans la succession, aux côtés des impôts sur le revenu, des éventuelles charges de copropriété ou des contrats liés au logement. La traiter en coordination avec le notaire, plutôt que dossier par dossier, évite les oublis et les doubles démarches.
Après moi aide à centraliser les documents liés au logement du défunt et à identifier les organismes à prévenir en parallèle. L’outil organise le dossier ; il ne remplace pas le notaire ou le service des impôts lorsque la situation nécessite une analyse précise de la succession.
