À retenir
Les règles ci-dessous sont celles de l’Assurance retraite, le régime de base des anciens salariés du privé. Les autres régimes — retraite complémentaire, fonction publique, indépendants, agricole — ont leurs propres modalités : vérifiez chacun auprès de la caisse concernée.
- Prévenez chaque caisse par courrier, avec le numéro de sécurité sociale du défunt et un acte de décès.
- La retraite du mois du décès est payée en totalité, quelle que soit la date du décès.
- Les mensualités versées au-delà de ce mois sont récupérées par la caisse.
- À l’inverse, des sommes restant dues au défunt peuvent être payées aux héritiers sur justificatifs.
- Une personne a souvent plusieurs retraites : il faut toutes les identifier, pas seulement la principale.
1. Pourquoi ce courrier ne peut pas attendre
Une caisse de retraite ne découvre pas un décès d’elle-même. Tant qu’elle n’est pas informée, le virement mensuel part comme d’habitude, vers un compte qui peut d’ailleurs encore être actif pendant quelques jours. Chaque mois qui passe ajoute une mensualité à rembourser plus tard.
L’Assurance retraite demande donc d’écrire sans attendre à la caisse régionale dont dépendait la personne décédée, en indiquant son numéro de sécurité sociale, ses nom et prénom, la date et le lieu du décès. C’est ce courrier qui permet d’arrêter le paiement de la retraite en temps utile.
Ce n’est pas une démarche de forme : c’est elle qui détermine si la famille aura, ou non, une somme à rendre dans quelques mois.
2. Le mois du décès est acquis, la suite ne l’est pas
Une question revient systématiquement : faut-il rembourser la pension du mois où le décès a eu lieu ? Pour l’Assurance retraite, non. La retraite du mois du décès est payée en totalité, quelle que soit la date du décès dans le mois — y compris lorsque le décès survient en tout début de mois.
Ce qui est réclamé, ce sont les mensualités versées au-delà de ce mois. Elles ne sont pas dues et constituent un indu que la caisse récupère. Concrètement, plus le signalement tarde, plus la somme à restituer grossit.
Ne vous fiez pas à l’idée que la banque « bloquera tout » et réglera le problème. Le compte du défunt et le dossier de retraite suivent deux logiques différentes : un virement peut être rejeté, mais il peut aussi avoir été encaissé avant que l’information ne circule.
3. Identifier toutes les retraites, pas seulement la principale
C’est l’erreur la plus fréquente. Une carrière passe souvent par plusieurs régimes, et une même personne peut percevoir une retraite de base et une ou plusieurs retraites complémentaires, parfois d’anciens employeurs très différents. Prévenir une caisse ne prévient pas les autres.
Les relevés bancaires des derniers mois sont le meilleur point de départ : chaque pension apparaît comme un virement récurrent, avec le nom de l’organisme. Complétez avec les notifications de retraite et les courriers reçus en début d’année.
- Les relevés bancaires des douze derniers mois, pour repérer chaque virement de pension
- Les notifications de retraite et attestations de paiement conservées par le défunt
- Le régime de base : Assurance retraite pour les anciens salariés du privé, autre caisse selon le parcours
- La retraite complémentaire des salariés du privé, gérée par l’Agirc-Arrco
- Les pensions de la fonction publique, suivies par le Service des retraites de l’État
4. Ce qui peut au contraire rester dû au défunt
Le trop-perçu n’est qu’un côté du dossier. Il arrive que des sommes restent dues à la date du décès — un rappel, une régularisation, une fraction non versée. L’Assurance retraite indique que ces sommes peuvent être payées aux héritiers, sur présentation de justificatifs.
Cela vaut la peine de poser la question explicitement dans le courrier de signalement : « reste-t-il des sommes dues au titre de la pension, et quelles pièces faut-il fournir ? ». Personne ne vous les proposera spontanément si vous ne demandez rien.
5. Signaler le décès ne demande pas la réversion
Autre confusion courante : informer la caisse du décès et demander une pension de réversion sont deux démarches distinctes. La première arrête le versement de la pension du défunt. La seconde ouvre, sous conditions, un droit au conjoint survivant — et elle n’est jamais automatique.
Le service « Demander ma réversion » d’Info Retraite permet de déposer une seule demande, transmise aux régimes de retraite susceptibles d’accorder une réversion, de base comme complémentaires. Les conditions, elles, varient d’un régime à l’autre.
Si la question de la réversion se pose, traitez-la en parallèle plutôt qu’après : la date de la demande peut avoir un effet sur le point de départ des droits.
6. Si un trop-perçu est déjà réclamé
Recevoir une demande de remboursement n’a rien d’anormal et ne signifie pas qu’une faute a été commise. La somme correspond à des mensualités versées après le mois du décès, qui ne sont pas dues et dont la caisse demande la restitution.
Vérifiez d’abord le détail : la période retenue, le nombre de mensualités, le montant mois par mois. Comparez-le aux relevés bancaires et à la date du décès. Une erreur de période est possible, notamment quand plusieurs caisses régularisent en même temps.
Si le compte avait déjà rejeté certains virements, signalez-le avec les justificatifs : la somme réellement encaissée peut être inférieure à celle réclamée. Et si le règlement de la succession est en cours, transmettez le courrier au notaire : c’est à lui de dire comment cette somme s’intègre au règlement.
- La période et le nombre exact de mensualités réclamées
- Les relevés montrant ce qui a été réellement encaissé ou rejeté
- La date du décès et la date de réception du signalement par la caisse
- Les coordonnées du notaire lorsqu’une succession est ouverte
- La copie de votre courrier de signalement et sa preuve d’envoi
7. Garder une trace, caisse par caisse
Comme souvent après un décès, la difficulté n’est pas une démarche mais leur nombre. Tenez un tableau simple : organisme, numéro de dossier, date d’envoi du courrier, réponse reçue, prochaine action. C’est ce qui permet de répondre sans hésiter à un courrier qui arrive six mois plus tard.
Conservez une copie de chaque courrier envoyé, avec sa preuve d’envoi, et les notifications reçues. En cas de contestation sur une date, c’est votre seul élément de preuve.
Après moi aide à rassembler les documents du dossier, à repérer les organismes et les échéances qui apparaissent dans les courriers, puis à préparer les démarches à vérifier. Pour le calcul d’une pension, d’un trop-perçu ou d’un droit à réversion, les indications de la caisse concernée restent prioritaires.
